mercredi 21 septembre 2011

Une aide pour les pauvres sans logement social


Ecolo avance des mesures pour lutter contre le surendettement. Il prône une compensation pour les pauvres n'ayant pas trouvé un logement social.

S'il entre dans le prochain gouvernement -mais y entrera-t-il ?-, Ecolo mettra sur la table des mesures de lutte contre le surendettement des ménages. Y compris des mesures qui ont déjà été déposées au Parlement, mais rejetée par une majorité de députés. C'est la coprésidente des Verts Sara Turine qui l'affirme. Et elle n'est pas la seule à l'affirmer. Elle est rejointe par un homme qui rencontre la pauvreté sur le terrain, Philippe Defeyt, président du CPAS de Namur.

Ce constat d'abord. La pauvreté progresse toujours. La difficulté de boucler les fins de mois -et parfois même pas seulement les fins de mois- concerne de plus en plus de ménages. Et pas seulement à cause d'un crédit trop lourd à assumer. " Aujourd'hui, observe Philippe Defeyt, un tiers des personnes qui font appel à une procédure de règlement collectif de dettes n'ont pas de crédits sur les bras. Ce sont les services de base qu'ils n'arrivent plus à payer. La facture d'énergie, les soins de santé, le loyer, les impôts et les taxes ."

Quelques chiffres. Entre 2002 et 2009, la part des ménages confrontés au surendettement qui ne pouvaient pas payer leur facture d'eau est passée de 22 % à 30 %. Pour la facture d'énergie, c'est 51 % au lieu de 36 % en 2002. Une augmentation qui serait due, pour Philippe Defeyt, notamment au fait que l'indice servant au calcul de l'indexation automatique des salaires et des allocations sociales reflète mal la structure des dépenses des familles aux faibles revenus.

Ecolo avance ses propositions. La première, c'est une vieille revendication : l'individualisation des droits sociaux. Les revenus attribués aux cohabitants, souvent des femmes, sont parfois trop chiches. " Il n'est pas acceptable que des personnes doivent mettre leur couple en danger pour survivre" , clame Sarah Turine. Et puis, de manière générale, Ecolo juge que toutes les allocations sociales doivent passer au-dessus du seuil de pauvreté.

Mais il ne suffira pas de relever les revenus des plus faibles. " A quoi cela servirait , s'interroge le président du CPAS de Namur, si, dans le même temps, le prix des services de base augmente dans les mêmes proportions ." Et si certaines pratiques commerciales qui constituent de vrais pièges se perpétuent. Ecolo veut ainsi contraindre les fournisseurs d'énergie à rendre leurs factures intermédiaires les plus proches possible de la consommation réelle des consommateurs. " Des gens me racontent qu'ils ont été attirés par un représentant leur prétendant qu'ils payeraient une facture mensuelle moins élevée s'ils changeaient de fournisseur. Mais ce représentant sous-évaluait sciemment leur consommation. Un an plus tard, ces gens ont reçu la facture finale pouvant aller jusqu'à 1 000 € pour régulariser leur compte final. Il n'en faut pas plus pour basculer dans le surendettement. Ces pratiques doivent cesser ."

Ecolo veut aussi organiser ou tout simplement améliorer l'automaticité de l'octroi de tarifs sociaux dans les fournitures de base. " Sur le terrain, on constate que les gens attendent la dernière minute avant de demander à pouvoir bénéficier d'un tarif social , argumente Sarah Turine. Mais souvent, il est trop tard. Il faut éviter que les gens doivent faire la démarche eux-mêmes ."

Et cela vaut pour les soins de santé. " Les mutuelles , avance Philippe Defeyt, nous disent que de beaucoup de personnes qui ont droit au statut Omnio -lequel octroie des remboursements préférentiels- ne l'ont toujours pas. Cela devrait être automatique. On consacre parfois beaucoup d'argent pour sortir les gens du surendettement, mais on ne fait pas en sorte qu'ils bénéficient de droits leur permettant de ne pas y plonger. C'est aberrant ."

Et les loyers ? Voilà une compétence qui sera presque immanquablement régionalisée. Ecolo estime que la Wallonie et Bruxelles devront prévoir une compensation pour les personnes qui ont droit à un logement social, mais n'y ont pas accès par manque de capacité. " Le taux moyen européen de logements sociaux par rapport au parc immobilier total est de 17,3 % alors qu'il est chez nous que de 7 % , se désole Sara Turine. Or que vous occupez un logement social ou pas, cela peut faire une différence de 200 à 300 € ."

Ecolo estime par ailleurs qu'il faut mieux encadrer l'accès au crédit. Les Verts veulent notamment interdire la publicité pour l'utilisation de carte de crédit permettant l'acquisition de biens de première nécessité. Des propositions de loi en ce sens ont déjà été déposées. Mais cependant aussitôt rejetées

V.R.
Mis en ligne le 21/09/2011

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/686551/une-aide-pour-les-pauvres-sans-logement-social.html

Les pauvres mis au régime


Six pays membres de l’Union s’opposent à l’octroi d’une aide alimentaire aux plus démunis. Car elle est financée par la Politique agricole commune.

Dans la lutte opposant "l’Europe des égoïsmes" à "l’Europe des solidarités" -pour reprendre les mots du Français Bruno Le Maire-, la première a remporté une bataille mardi à Bruxelles. Mais peut-être pas encore la guerre. Les ministres européens de l’Agriculture n’ont pas réussi à s’entendre sur la prolongation pleine et entière de l’aide allouée depuis 1987 aux banques alimentaires. D’une valeur de 480 millions d’euros, elle risque bel et bien de passer à 113,5 millions l’an prochain. "C’est une honte , a réagi le ministre wallon Benoît Lutgen, à l’issue de la réunion. Comment voulez-vous que l’Europe ait encore un sens pour les citoyens ?"

Le problème ne vient pas de l’Europe en tant que telle : les commissaires européens, les eurodéputés et les ministres de vingt et un Etats membres sont favorables à l’octroi de ces fonds qui ne coûtent jamais qu’un euro par an par habitant et permettent d’apporter des vivres à près de dix-huit millions de démunis. "Il ne faut pas mettre l’étiquette de cette défaite sur l’Union" , a insisté le commissaire en charge de l’Agriculture, Dacian Ciolos.

Car le problème vient de six pays : l’Allemagne, le Royaume-Uni, les Pays-Bas, la Suède, le Danemark et la République tchèque estiment que cette aide, puisqu’elle est "sociale" , doit être de compétence nationale et ne peut être octroyée sur une l’enveloppe de la Politique agricole commune. La Commission a eu beau leur soumettre une base juridiquement acceptable pour sortir de l’impasse, ces Etats l’ont refusée. "Il sera très difficile d’expliquer pourquoi un programme qui a vingt-cinq ans d’histoire sera bloqué pour deux ans, juste parce que certains Etats membres ne souhaitent pas assumer leur responsabilité politique et se cachent derrière toutes sortes d’arguments juridiques qui n’ont pas lieu d’être ." La situation se révèle d’autant plus absurde que, comme l’a rappelé Dacian Ciolos, "nous disposons de l’argent pour ce programme et on ne pourra pas l’utiliser" . "Nous n’avons pas un problème financier ni juridique, nous avons un problème politique" , en a conclu le Polonais Marek Sawicki, président en exercice du Conseil des ministres.

Si aucune solution n’était trouvée, "je proposerai au gouvernement wallon de compenser entièrement" le manque à gagner pour la Région, soit 2 millions d’euros, a affirmé M. Lutgen. Mais la Pologne, qui espère encore sortir de l’impasse en octobre, verrait bien le sujet porté à l’arbitrage des chefs d’Etat et de gouvernement lors du sommet européen des 17 et 18. Avec un espoir, exprimé par le ministre Sawicki : "en revenir à l’idée de solidarité européenne" , dont "l’un des objectifs est de fournir la sécurité alimentaire à tous les citoyens" .

Sabine Verhest
Mis en ligne le 21/09/2011
http://www.lalibre.be/actu/international/article/686603/les-pauvres-mis-au-regime.html



mercredi 7 septembre 2011

LES BISCUITS asbl: trimestriel septembre 2011

Chers amis, bénévoles ou sympathisants des Biscuits,

Nous voici de retour avec un nouveau trimestriel pour faire le plein de nouvelles concernant notre asbl et nos activités, quelques sages paroles, des interviews et articles en tout genre.

https://docs.google.com/viewer?a=v&pid=explorer&chrome=true&srcid=0BxorYGfgn11mYzNjYzU2OTUtNTNjNS00ZTRkLTllNDUtNjQ5MTFiNTE5ZDRi&hl=en

Encore MERCI à vous tous qui nous soutenez.

Bonne lecture!

Yseult

 

P.S.:
- Si vous ne souhaitez plus recevoir ce mail, envoyez simplement un message de retour à l'adresse des Biscuits.
- Si vous connaissez des personnes qui seraient intéressées par la lecture de notre trimestriel, faites passer le message. Un simple mail à cette même adresse suffit pour s'inscrire et recevoir votre trimestriel préféré!


mardi 9 août 2011

Pauvreté: pâtes, soupe, fruits et dignité

La Croix-Rouge compte seize épiceries sociales. Elles sont soutenues par l’opération “Chèque Croix- Rouge”, en cours jusque fin septembre.
Un doux tintement se fait entendre à l’entrée de la Maison Croix-Rouge (MRC) Ravel à Jumet. "Bonjour, bonjour ? Vous allez bien ? Même avec la pluie ?", accueille chaleureusement Marie-Christine Rouge, trésorière de la MCR. "Oh, oui !" , s’exclame en chœur un jeune couple de Togolais en pénétrant dans la petite épicerie sociale. "Je parie que vous venez chercher vos crevettes ?, interroge Marie-Christine. Et qu’allez-vous préparer de bon ?", s’enquiert-elle tandis que le couple complète son panier de quelques pommes et bananes. "Une préparation de chez nous, avec des légumes, un peu d’épices et de piments "
Derrière eux, biscuits, confitures, sucre, pâtes, soupes, cornflakes, plats préparés, articles sanitaires et d’hygiène sont minutieusement alignés sur de grandes étagères décorées de dessins colorés. Pommes, oranges ou encore bananes sont rangées à proximité des congelés (sticks de poisson, poulet pané, ) tandis qu’un frigo vitré est garni de charcuteries et fromages. Ouverte en mars 2010, l’épicerie sociale de la MCR Ravel propose ainsi tous les lundis, mardis, jeudis et vendredis, de 9 h à 12 h 30, plus de 210 articles différents à des prix très modiques.
Voici un peu plus de dix ans que la Croix-Rouge de Belgique a décidé de se doter d’épiceries sociales. La première fut inaugurée en 2000 à Leuze-en-Hainaut. Aujourd’hui, la Croix-Rouge compte seize épiceries sociales en Communauté française : 15 en Wallonie (dont 9 dans la province du Hainaut) et une à Bruxelles.
"Pendant des années, la Croix-Rouge a fourni de l’aide alimentaire sous la forme de colis que les bénéficiaires venaient réceptionner une fois par mois pour la somme de cinq euros, se rappelle Jean Quinaux, président de la MRC Ravel. Le problème, c’est que le colis, d’une valeur de 23 à 28 euros, ne répondait pas toujours à l’attente des clients. En créant des épiceries, la Croix-Rouge a permis aux gens de réellement faire leurs courses; ils achètent ce qu’ils veulent à des prix moitié moindre que ceux en magasin. De même, alors que nous n’osions pas mettre de produits d’hygiène ou sanitaires dans les colis pour ne pas "choquer" les gens, nous nous sommes rendu compte que ces produits (shampoing, savon ) sont très plébiscités dans l’épicerie car ce sont aussi des articles assez chers dans le commerce."
Pour Kathy Stinissen, directrice du département "Action sociale" de la Croix-Rouge, la création des épiceries sociales "a changé la notion caritative de l’aide alimentaire. En venant faire eux-mêmes leurs courses et en choisissant leurs produits, les bénéficiaires restent acteurs de leur vie, se sentent ‘citoyens’ et, surtout, préservent leur dignité" .
En outre, alors que le système des colis n’invitait que peu à la convivialité entre les bénévoles de la Croix-Rouge et les bénéficiaires, "nous constatons que l’épicerie sociale permet de nouer un véritable lien social entre nous et les clients, qui va bien au-delà de la stricte aide alimentaire. On les écoute parler de leurs problèmes, leur famille Quand ils éprouvent des difficultés à venir jusqu’à l’épicerie, on leur amène leurs courses chez eux ; on fournit parfois des vêtements; etc.", indique M. Quinaux.
La petite épicerie de la MCR Ravel tourne grâce à la mobilisation sans faille de trois bénévoles. Mais avant, il a fallu aménager le local : placer les étagères, installer un frigo et deux congélateurs, acheter une caisse-enregistreuse Pour ce faire, la MCR a reçu le soutien du Fonds Vreven (Fondation Roi Baudouin) et du CPAS de Charleroi.
Enfin, il faut régulièrement approvisionner l’épicerie. C’est le rôle de Marie-Christine Rouge, bénévole depuis plus de vingt ans. "Je vais faire les courses tous les deux jours car nous proposons des produits frais que nous ne pouvons pas stocker longtemps, explique-t-elle. J’achète aussi certains produits en fonction des demandes des clients. Par exemple, une dame m’a demandé de la farine fermentante parce qu’elle prépare ses gâteaux elle-même, ce qui lui coûte moins cher. Nous avons aussi parmi nos clients des gens du Maghreb, donc j’essaie d’avoir des produits halal. Certaines personnes sont diabétiques, je veille alors à proposer des produits sans sucre."
Outre la vente d’articles à bas prix, la Croix-Rouge s’attache aussi à la qualité d’une alimentation saine : fruits et légumes de saison, alimentation variée et nutritive "J’ai également conçu des petites fiches cuisine pour aider les bénéficiaires à préparer tel ou tel aliment" , ajoute Marie-Christine.
Toujours en quête des produits les plus sains et aux meilleurs prix, Marie-Christine constate avec inquiétude que "la vie devient de plus en plus chère. Le prix de certaines denrées grimpe parfois de 0,50 euro en un jour ! C’est énorme pour certaines familles." Si la petite épicerie sociale a débuté avec 25 clients émargeant au CPAS, aujourd’hui, ils sont 50, ainsi qu’une dizaine dépendant de la mutuelle. "En tout, nous recevons 75 bénéficiaires dans notre épicerie, ce qui représente 350 à 400 personnes", précise Jean Quinaux.
Alors qu’en Belgique une personne sur sept vit en-dessous du seuil de pauvreté, "le modèle classique des gens précarisés est bousculé depuis plusieurs années, rapporte Kathy Stinissen. Sont de plus en plus touchées les familles monoparentales ainsi que les personnes âgées". Et la crise financière et économique n’a rien arrangé : "depuis 2007-2008, la demande en aide alimentaire auprès de la Croix-Rouge a augmenté de quelque 6 %" , indique-t-elle. A tel point que trois nouvelles épiceries sociales vont voir le jour à La Roche en Ardenne, Ans et Sprimont.
Pour achalander les rayons des épiceries sociales, les bénévoles usent de toutes les ficelles et, depuis quatre ans, ils reçoivent le soutien de Sodexo, dans le cadre de l’opération "Chèque Croix-Rouge". Concrètement, jusqu’au 30 septembre, les bénéficiaires de chèques repas/Lunch Pass® de Sodexo peuvent offrir un ou plusieurs de leurs chèques à la Croix-Rouge, ce qui lui permet de financer ses épiceries sociales et des camps de vacances pour des enfants défavorisés (lire ci-contre). En trois ans ont ainsi déjà été réunis plus de 200 000 euros et créées deux épiceries sociales. "Une réelle bouffée d’oxygène pour la Croix-Rouge, qui ne vit que de dons", se félicite Kathy Stinissen.
Plus d’infos sur www.croix-rouge.be


téphanie Bocart
Mis en ligne le 09/08/2011

http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/677929/pauvrete-pates-soupe-fruits-et-dignite.html

jeudi 23 juin 2011

La Commission européenne réduit son aide alimentaire aux plus démunis

La Commission européenne a annoncé hier une diminution du budget au programme d'aide alimentaire destiné aux Européens les plus pauvres. Le budget d'environ 500 millions est passé à 113 millions d'euros pour l'année 2012, cette décision a été prise pour des raisons juridiques.

 

Bruxelles a tranché : ce sont les pauvres qui devront se restreindre l’année prochaine. La Commission européenne a annoncé hier une très forte réduction de l’allocation au programme d’aide alimentaire destiné aux Européens les plus démunis (PEAD). Le budget d’environ 500 millions d’euros par an, est descendu à113 millions d’euros pour l’année 2012, soit presque 400 millions de moins. Les associations caritatives affirment qu’il y aura de terribles conséquences, sachant que 43 millions d’Européens sont concernés par la pauvreté alimentaire et 80 millions vivent sous le seuil de pauvreté.
Dans un communiqué, la Commission explique : « cette réduction (des fonds) est le fait d'un arrêt rendu (par la justice européenne) en avril dernier dans lequel la juridiction européenne établit que la réglementation actuelle impose que les denrées couvertes par ce régime proviennent des stocks publics de l'UE » et non de fonds issus du budget de la Politique agricole commune (PAC). 
La députée européenne Rachida Dati, offusquée par cette décision, a invité le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, « à venir expliquer aux millions de bénéficiaires de cette aide pourquoi un problème juridique les priverait de ressources vitales dès l'an prochain ». L'Allemagne, également en désaccord avec la décision de Bruxelles, a déposé une plainte devant la Cour européenne de justice. 

(Source : lexpress.fr)

Charlotte Charbonnier

 

http://www.terrafemina.com/societe/solidarites-engagement/articles/5079-la-commission-europeenne-reduit-son-aide-alimentaire-aux-plus-demunis.html