Vous l'attendiez ! Le voilà...le nouveau trimestriel :-)
https://docs.google.com/file/d/0BxorYGfgn11meUV0RlJQdThLMXM/edit?usp=sharing
Encore MERCI à vous tous qui nous soutenez.
Bonne lecture et bonnes vacances !
Yseult
La couque au chocolat
Sous prétexte que la pauvreté constitue un danger, des familles sont brisées.
La famille. S'il y a bien un pilier vital dans le développement psychique et psychologique de tout être humain, c'est bien elle. Pouvoir vivre en toute liberté aux côtés de ses parents, de ses frères, de ses sœurs, de ses grands-parents apparaît comme une évidence aux yeux de tous. Pourtant, force est de constater que ce droit fondamental reste largement bafoué dans notre société actuelle.
Embourbés dans une situation de précarité, certains parents se voient, en effet, contraints de se séparer de leur progéniture sous prétexte qu'elle "serait" en danger. "Ainsi, trop souvent, on place des enfants dans des institutions et familles d'accueil, uniquement en raison de la pauvreté vécue par leur famille. C'est une réponse totalement inacceptable à la réalité de la misère ", s'exclame Marc Otjacques, du Mouvement LST (Luttes Solidarités Travail).
Selon lui, pauvreté rime encore trop souvent avec danger. "Parce que l'on estime que ces parents ne sont pas capables d'assumer leurs enfants et/ou qu'ils cons tituent un danger pour ces derniers, on leur retire la garde."
S'ensuit ainsi une série de dégâts collatéraux, notamment un sentiment de disqualification dans le chef des parents. "Vous ne vous imaginez pas le nombre de familles brisées et déchirées que l'on rencontre parce que les enfants ont fait l'objet de mesures d'Aide à la jeunesse", nous confie-t-on chez LST.
L'Aide à la jeunesse comme réponse à la pauvreté
Car c'est bien des services d'Aide à la jeunesse dont il est question ici. En Communauté française de Belgique, que se passe-t-il lorsqu'une famille se fait expulser de son logement social pour cause d'insalubrité ? "En première ligne, ce sont les Centres publics d'action sociale (CPAS) qui interviennent. Ils ont une responsabilité cruciale dans le respect de la dignité humaine. Si certaines situations s'avèrent plus périlleuses, les services d'Aide à la jeunesse prennent le relais. Parce qu'il n'y a pas d'autre solution. C'est scandaleux", s'insurge Marc Otjacques.
C'est de ce contexte que d'aucuns se sont mobilisés afin de créer un outil de citoyenneté, un lieu de rassemblement et de discussion pour ces familles précarisées. Luttes Solidarités Travail s'inscrit ainsi, aux côtés d'ATD Quart Monde, dans une structure plus large baptisée "Agora". Fondé il y a une douzaine d'années dans le sillage du premier Rapport général sur la pauvreté, ce groupe d'individus entend organiser un dialogue permanent entre des familles précarisées, des professionnels de l'Aide à la jeunesse et le service de lutte contre la pauvreté du Centre pour l'égalité des chances. "Aujourd'hui, on se contente de bricoler. Un logement pour quelques mois, un ou deux colis pour les Restos du Cœur On prend des mesures d'urgence, des pansements d'une certaine façon, mais il n'y a rien de structurel" , déplore-t-on dans les rangs d'Agora.
Pourtant, souligne-on encore chez LST, la pauvreté est un problème de société qui concerne chacun de nous, les politiques en tête. "Le point de vue des pauvres n'est jamais abordé à la table des négociations. On aborde la problématique de la pauvreté, mais toujours du point de vue des autres. Les pauvres ne sont pas entendus ", soutient Marc Otjacques.
Et ce ne sont pas les récentes lois relatives au logement, à l'emploi ou au chômage qui faciliteront la résolution du problème. " La situation est devenue insupportable. La personne pauvre est littéralement emprisonnée dans sa misère. S'il n'y a pas d'avancées en la matière, on va tout droit à la catastrophe", nous confie-t-on encore.
Des avancées politiques sont ainsi attendues sur le plan national, sur le plan européen aussi et ce, au bénéfice des droits humains.
Alice Dive
Mis en ligne le 10/12/2012
http://www.lalibre.be/actu/belgique/article/783051/enfants-places-parce-que-demunis-quelle-humanite.html
Chers amis, bénévoles, sympathisants des Biscuits,
Voici le trimestriel de fin d'année, pour faire le plein de nouvelles concernant l'ASBL Les Biscuits et nos compagnons de la gare centrale.
https://docs.google.com/file/d/0BxorYGfgn11mQnFDUXlXRG8wV0E/edit
Encore MERCI à vous tous qui nous soutenez.
Et au 25 pour les habitués de notre repas de Noël, le onzième!!!
Bonne lecture.
Yseult
La couque au chocolat
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Les Biscuits (asbl)
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C’est l’agence de statistiques européenne Eurostat qui donne ce chiffre : en 2011, 119,6 millions de personnes, soit 24,2 % de la population des 27 pays de l’UE, étaient au seuil de la pauvreté ou menacés d’exclusion sociale. Ils étaient 23,4 % en 2010. Une précarité qui avance, à mesure que la crise économique frappe les pays européens.
De qui parle-t-on ? De personnes confrontées à au moins l’une des trois formes d’exclusion suivantes : le risque de pauvreté après la prise en compte des transferts sociaux ; la privation matérielle grave (fait de ne pas être en mesure de régler ses factures, de se chauffer correctement, de consommer des protéines…) ; la très faible intensité de travail (fait de vivre dans un ménage dans lequel les adultes ont utilisé moins de 20 % de leur potentiel total de travail au cours de l’année précédente).
Dans l’ensemble de l’UE, 17 % de la population est menacée de pauvreté monétaire, 9 % est en situation de privation matérielle sévère et 10 % vit dans des ménages à très faible intensité de travail, selon Eurostat.
En Belgique, 21 % de la population était menacée de pauvreté ou d’exclusion sociale en 2011. Une légère hausse par rapport à 2010 (20,8 %). Elle se situe donc un peu en-dessous de la moyenne européenne (24 %), au niveau de pays comme Malte (21,4 %) ou la Slovaquie (20,6 %). Selon les critères d’Eurostat, en 2011, 2,3 millions de Belges étaient ainsi dans une situation très précaire. Notre pays arrive en tête dans l’une des trois catégories que l’institut européen : les personnes âgées de 0 à 59 ans vivant dans des ménages à très faible intensité de travail représentent 14 % de la population, le plus haut taux de l’UE. De quoi s’agit-il ? « Des personnes vivant dans des ménages à très faible intensité de travail sont les personnes âgées de 0 à 59 ans vivant dans des ménages dans lesquels les adultes (âgés entre 18 et 59 ans) ont utilisé en moyenne moins de 20 % de leur potentiel total de travail au cours de l’année passée. Les étudiants sont exclus », explique Eurostat. Les personnes à risques de pauvreté représentent 15,3 % (16,9 en moyenne dans l’UE) et les personnes en situation de privation matérielle sévère, 5,7 % (8,8 en moyenne dans l’UE).
Sans surprise, ils se situent à l’est et au sud du continent. Bulgarie (49 %), Roumanie et Lettonie (40 %) connaissent le plus haut taux de pauvreté. La Grèce n’est évidemment pas épargnée, avec un nombre important de ses citoyens qui sont au bord du basculement dans la pauvreté (31 % contre 27,7 % en 2010).
Les pays les plus épargnés par la pauvreté se situent au nord et à l’ouest : République tchèque (15 %), Suède et Pays-Bas (16 %) arrivent en tête, devant l’Autriche et le Luxembourg (17 %). Les personnes menacées de pauvreté ou d’exclusion sociale sont 19,9 % en Allemagne et 19,3 % en France, un chiffre stable par rapport à l’année précédente, selon Eurostat.
Ces statistiques annuelles sont publiées alors que les pays européens divergent sur le maintien de l’enveloppe consacrée à l’aide alimentaire européenne dans le budget 2014-2020 de l’UE. Ce programme est contesté par plusieurs pays européens, parmi lesquels l’Allemagne, la Suède et le Royaume-Uni, pour qui l’aide alimentaire aux plus démunis est une question qui devrait rester du ressort des Etats.
Article le soir - http://www.lesoir.be/131385/article/economie/2012-12-03/un-belge-sur-cinq-menac%C3%A9-pauvret%C3%A9
À Bruxelles, comme dans la plupart des grandes villes européennes, vivre sans abri est la difficile réalité quotidienne de personnes aux profils diversifiés. En raison de la multiplicité des situations rencontrées, de nombreux acteurs publics ou associatifs proposent différents types de prise en charge aux personnes sans-abri. Si la période hivernale est celle où la question est la plus médiatisée, force est de constater que ces acteurs sont aujourd’hui actifs toute l’année et se sont pérennisés et structurés, répondant en cela à une demande croissante. L’institutionnalisation et la coordination du secteur de l’aide aux personnes sans-abri permettent aussi une réflexion sur les publics et les pratiques, notamment autour des questions de la présence de jeunes sans-abris, dont des mineurs, et de femmes.
C’est à ce dernier point qu’est consacré le numéro 62 de Brussels Studies, dont l’auteur, Marjorie Lelubre, est chargée de recherche au Relais social de Charleroi et doctorante en sociologie aux Facultés universitaires Saint-Louis à Bruxelles. Partant des statistiques de quelques acteurs de l’accueil d’urgence, choisies sans prétention de représentativité pour le secteur pris globalement, mais plutôt pour la dizaine d’années de recul qu’offrent leurs données, elle confirme qu’il y a aujourd’hui à Bruxelles probablement plus de femmes dormant dans les rues ou en hébergement d’urgence qu’il y a 10 ans, mais nuance ce constat en montrant qu’elles suivent en cela une tendance partagée par leurs compagnons d’infortune masculins.
L’augmentation étant plus nette en nombre absolu qu’en part relative, la féminisation du sans-abrisme est une évolution qui doit être précisée, nuancée et contextualisée. Alors que la précarité touche les femmes autant que les hommes, la moindre présence relative des femmes en rue et dans les structures d’hébergement d’urgence peut être comprise au travers de plusieurs phénomènes concomitants. Le parcours résidentiel est distinct entre hommes et femmes en difficulté. Le recours des femmes au réseau informel est plus généralisé. En rue, elles recherchent une certaine invisibilité, ce qui rend leur comptabilisation plus difficile. L’organisation de l’action sociale fait que les femmes sont prioritairement dirigées vers des structures d’hébergement à long terme comme les maisons d’accueil, ce qui fait qu’elles sont plus souvent sans logement personnel que sans-abri, ce qui n’est pas exactement la même chose. Il ne faut en effet pas amalgamer tous les types de difficultés en matière de logement avec la problématique des sans-abri. Ce traitement différencié trouve notamment ses racines dans le fait qu’« abandonner » des femmes dans l’espace public la nuit a un coût psychologique tel dans l’inconscient collectif qu’il est de nature à marquer durablement les opérateurs du secteur de l’action sociale. Il faut également souligner qu’une offre spécifiquement orientée vers les femmes existe depuis très longtemps.
L’approche de l’article est résolument qualitative, les quelques chiffres mobilisés étant là pour soutenir la légitimité du questionnement plus que pour apporter des réponses. Cela contribue à aborder la féminisation sous l’angle de parcours résidentiels et de prises en charge différentes entre hommes et femmes plutôt que sous celui d’une « simple » croissance de la présence des femmes. En n’oubliant pas que s’il y a plus de femmes parmi les personnes sans-abri, c’est probablement aussi et surtout parce que le phénomène, tous sexes confondus, a pris de l’ampleur, ce qui n’est pas sans poser de réels problèmes organisationnels aux acteurs de terrain.
Brussels Studies, la revue scientifique électronique pour les recherches sur Bruxelles - Numéro 62
Marjorie Lelubre
Le Monde.fr | 26.10.2012 à 16h29 • Mis à jour le 29.10.2012 à 15h16Par Soren Seelow (texte) et Karim El Hadj (images)
6 h 59. L'alarme sonne. Eric ouvre les yeux. A côté de lui, sur son matelas, le sac à dos dont il ne se sépare jamais. Habillé d'un pantalon de ville, il se laisse glisserau pied du lit superposé. Dans le box, deux couches sont déjà vides. Un camarade de chambrée se prépare, les quatre autres dorment encore. Eric récupère sous le matelas la serviette de bain qu'on lui a confiée la veille à l'accueil, arrache son drap jetable et sort. Le carrelage du couloir où sont alignés les box, éclairé au néon, est jonché des draps de la nuit. Eric file prendre une douche avec son "kit propreté" quotidien, puis passe à la consigne chercher une chemise. […]
La suite sur : http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/10/26/une-journee-dans-la-vie-d-eric-sdf-a-paris_1781513_3224.html